Gilles Courteix : « Le mandat est vital car il donne de la hauteur au chef d’entreprise »

De nombreux chefs d’entreprise et artisans engagés représentent nos entreprises du Bâtiment et des Travaux Publics dans des instances où se prennent des décisions qui façonnent directement leur quotidien. Emploi, protection sociale juridictions prud’homales, logement, formation professionnelle…
Rencontre avec quelques-uns des mandataires de la fédération BTP Rhône.

Président du groupe familial Courteix – construction et promotion immobilière – Gilles Courteix a toujours été engagé dans les organisations professionnelles vouées à défendre et accompagner les métiers du Bâtiment et des Travaux Publics. Président de la fédération BTP Rhône dès 2010 après avoir été président de la chambre MBA, il devient président régional en 2015 et œuvrera à la Fédération Française du Bâtiment Auvergne-Rhône-Alpes dont il tiendra la présidence jusqu’à fin 2019. Il succède à Laurent Fiard à la présidence du MEDEF (Mouvement des Entreprises de France) Lyon-Rhône en janvier 2021.

Comment avez-vous rejoint les instances du MEDEF ?
Il est inscrit dans les statuts du MEDEF que le président de la fédération BTP Rhône est membre de droit du bureau du MEDEF Lyon-Rhône, tout comme le président de la FFB AURA est membre de droit du MEDEF régional. Il faut rappeler que le MEDEF a été créé par trois grandes branches : le BTP, la Métallurgie et la Chimie.

En quoi cela est-il essentiel que le secteur du BTP siège au MEDEF ?
Parce qu’on est dans le cadre de l’interprofession. Chaque branche a ses spécificités et ses intérêts qu’elle doit pouvoir partager et défendre auprès des autres branches. C’est essentiel pour nous puisque c’est le MEDEF, au niveau national, qui peut signer des accords et communiquer les caractéristiques précises de nos branches, les contraintes… etc.

Mais le président de la FFB aussi peut signer des accords et défendre les entreprises de sa branche professionnelle ?
Nous sommes complémentaires. Il n’y a pas de concurrence entre le MEDEF et les grandes branches. Quand Patrick Martin (président du MEDEF national, NdlR) est intervenu pour soulever le problème du manque de logements en France, il a porté notre parole. Pourquoi ? Parce qu’il disposait de tous les éléments transmis par la branche BTP. Et comme la problématique du logement sur un territoire concerne aussi les autres entreprises, toutes activités confondues, donc l’Interprofession, il était légitime. Il arrive également que les deux présidents BTP et MEDEF aillent plaider une cause ensemble.

Est-ce que le MEDEF, à l’image de la fédération BTP Rhône, nomme ou élit des mandataires ?
Bien sûr ! 600 mandataires représentent le MEDEF Lyon-Rhône dans 70 instances locales. Leur mission est de porter la voix des entrepreneurs dans les domaines du développement économique, du social, de l’emploi, des compétences : l’URSSAF, les Conseils de Prud’hommes, les Tribunaux de Commerce, les CCI, les Universités, Action Logement, la CPAM, France Travail, etc. Il est impératif d’être présent et d’être investi.

Vous qui avez toujours été engagé, quels conseils donneriez-vous à un aspirant mandataire ?
Je leur dis souvent que s’il est vital de s’engager, il ne faut pas pour autant en oublier son entreprise. C’est l’erreur à ne pas commettre. Il faut accepter de prendre un mandat quand on est capable de l’assumer. Je dis aussi que le mandat est vital car il apporte d’autres points de vue, il donne de la hauteur au chef d’entreprise. Être un peu « au-dessus » permet d’avoir une vision différente des problèmes quotidiens.

Combien d’entreprises du Rhône adhèrent au MEDEF ?
Plus de 3000, soit 200 000 salariés. Les entreprises versent un milliard de contribution chaque année sur le territoire du Rhône et financent 50% du budget de Sytral Mobilités. Sans économie forte, il n’y a pas de territoire fort, c’est notre rôle de le répéter sans cesse, comme nous l’avons fait dernièrement dans notre livrable stratégique CAP 2032.

 

À lire dans l’édition du 18 juin 2026 du Journal du BTP

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