ESJDB : ce sont ses diplômés qui en parlent le mieux…

Les élèves de la promotion « Entrepreneur du Bâtiment » AURA 20 de l’ESJDB (École Supérieure des Jeunes Dirigeants du Bâtiment) se sont, presque, tous retrouvés le 31 janvier dernier dans les salons de la fédération BTP Rhône pour la remise officielle de leur diplôme. Créée en 1994 à l’initiative de la Fédération Française du Bâtiment, l’ESJDB forme les futurs dirigeants d’entreprises du BTP à Paris ou en région.
Une remise de diplômes qui est l’occasion de donner la parole aux heureux élus : leur motivation, leur ressenti sur la formation et l’étendue de leur apprentissage.

Cédric Fabre : « Nous avons l’avantage d’être une Scop »

A 48 ans, Cédric Fabre est le bras droit de Franck Prouteau, le gérant de Baticoop et président de la fédération des Scop en Aura. L’entreprise (Meyzieu) est spécialisée en maçonnerie-gros œuvre pour le tertiaire et le logement collectif (logements étudiants, résidences seniors).

Dans quel contexte avez-vous choisi de suivre la formation de l’ESJDB ?
Je fais partie de ceux qui ont créé Baticoop en 2004, j’étais chargé d’affaires, conducteur de travaux, et m’occupais du chiffrage des chantiers. Notre gérant Franck Prouteau envisage un départ à la retraite dans 3-4 ans ; les coopérateurs ont souhaité que je me prépare pour prendre sa suite. Du coup, je m’intéresse aujourd’hui à toutes les fonctions transverses.

Vous aviez quelle formation avant de créer Baticoop ?
J’ai un Master en Génie civil et Infrastructures et un Certificat d’aptitude à l’Administration des Entreprises. Je voulais une double compétence, à la fois technique et gestion-management. Après mes diplômes, j’ai travaillé chez Scarpari, une grosse PME familiale du Bâtiment à Lyon, qui a déposé le bilan et sur les bases de laquelle nous avons créé Baticoop.

Alors, c’était comment l’ESJDB ?
Très intéressant parce que concret. Ce que je retiens surtout, c’est le partage d’expérience avec les autres élèves que j’ai pu rencontrer. Et aussi les nombreuses séances proactives basées sur l’échange avec des professionnels. Personnellement, j’ai surtout travaillé sur l’analyse financière, tout ce qui est gestion du personnel, le droit, la compta, les relations avec les banques, les assurances. Tout ce que je ne pratiquais pas encore à Baticoop. Pendant les 18 mois de formation, on acquiert une vision transversale sur le métier de dirigeant.

Vous avez pu appliquer vos nouvelles connaissances dans l’entreprise ?
Il y a encore des choses à mettre en œuvre. Mais oui j’ai commencé. Un exemple, nous n’avions pas d’ERP (Enterprise Resource Planning, logiciel que les entreprises utilisent pour gérer leurs activités quotidiennes). Je suis allé voir comment cela fonctionnait dans une autre coopérative, il va nous permettre de mieux gérer de manière transversale, relier la compta et toute la gestion des chantiers. Nous allons ainsi moderniser nos process.

Quelle est la spécificité de Baticoop ?
Nous sommes précurseurs dans les nouveaux matériaux. Nous avons été les premiers sur Lyon à proposer du prémur, des murs préfabriqués. Aujourd’hui, nous en posons beaucoup, cela s’est démocratisé, nous faisons aussi du Siporex, de la brique, de la pierre… Nous nous intéressons à tous les nouveaux matériaux afin de nous distinguer des autres entreprises.

Car en maçonnerie gros œuvre la concurrence est rude. Comment se porte l’activité ?
Il y avait d’autres maçons à l’ESJDB. C’était d’ailleurs intéressant de voir que l’on se retrouve avec les mêmes problèmes de rentabilité, de prix très bas sur les marchés, de marges réduites…et d’échanger sur la façon de s’en sortir, en allant sur les créneaux les plus porteurs. Nous subissons tous en ce moment des décalages de chantiers, des délais de paiement qui s’allongent, avec des répercussions sur nos trésoreries. Nous avons l’avantage d’être une Scop, avec un esprit d’équipe, des valeurs de confiance et de solidarité. Nous essayons tous d’aller de l’avant pour péreniser l’entreprise.

 

À lire dans l’édition du 18 juin 2026 du Journal du BTP

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