Bertrand Madamour : « Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu un signal positif »
Le nouveau président de la chambre de Maçonnerie Béton Armé de BTP Rhône n’est pas un inconnu des adhérents de la fédération. Loin de là. Membre du conseil d’administration pendant plusieurs années, il était, depuis six mois, président de la commission « Logement tertiaire » et membre du bureau de l’ODBTP.
Directeur général et associé de PB Construction depuis six ans, une entreprise de gros œuvre qui fait aussi du macro-lot et de l’entreprise générale sur la grande métropole lyonnaise, Bertrand Madamour, 52 ans, succède à Cécile Mazaud.
Quelle est votre feuille de route pour ce mandat à la chambre de Maçonnerie Béton armé ?
Nous nous sommes donné quatre axes de travail : les enjeux bas carbone ; la promotion et l’attractivité des métiers du gros œuvre ; l’intégration et l’accueil sécurité des équipes ; et enfin, une veille opérationnelle sur l’intégration de l’IA dans nos entreprises.
Revenons sur chacun de ces points. En matière d’enjeux bas carbone, la profession a, semble-t-il, déjà beaucoup progressé ?
C’est vrai, nous avons déjà atteint un bon niveau de performance. Nous avons beaucoup avancé, nous sommes porteurs de ces sujets-là. Reste à le faire savoir à nos maîtres d’ouvrage : il nous faut communiquer davantage sur notre implication dans la décarbonation de notre production. Avec le bureau, nous avons d’ores et déjà eu des échanges et pris des rendez-vous avec les syndicats des fournisseurs de béton prêt à l’emploi et des cimentiers.
Idem sur la promotion des métiers, que souhaitez-vous apporter de nouveau ?
Nous voulons accentuer la promotion des métiers du gros œuvre auprès des jeunes générations. Il faut travailler avec le système scolaire, toucher les jeunes dès le collège, car c’est là que ça se passe. Il faut vraiment que nous fassions en sorte que ce soient les jeunes qui parlent aux jeunes.
Le troisième point…
Il s’agit de retravailler l’intégration et l’accueil sécurité des équipes, et en particulier des intérimaires. C’est un gros dossier. Il y a beaucoup de communication à faire sur les chantiers. C’est un sujet essentiel qu’il faut toujours remettre au cœur du dispositif, parce qu’on note parfois du relâchement. Or, il ne faut pas relâcher l’effort.
Sur chacune de ces actions, sans oublier l’IA, nous avons déjà créé, au sein de la chambre, des groupes de travail pilotés par des membres du bureau. Nous ne devons pas subir, nous devons être force de proposition et apporter des solutions à la fois à nos maîtres d’ouvrage et à nos équipes.
D’autant que le contexte est compliqué pour les constructeurs…
Il y a de la résilience dans nos entreprises. Nous nous adaptons, nous baissons les volumes. Nous recrutons peut-être moins, mais nous préservons le bassin d’emploi, l’outil humain, nos équipes, pour être prêts pour la reprise, même si nous savons qu’elle ne sera sans doute pas pour demain matin.
Nous espérons, à ce titre, que la nouvelle loi sur la mise en place du statut de bailleur privé permettra de relancer la vente de logements et, par ricochet, la production, aujourd’hui à son plus bas niveau depuis les années 1990. Dans tous les cas, cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu un signal positif à ce niveau-là. Reste à souhaiter que la situation ne se dégrade pas trop au niveau international.
Comment se portent les entreprises de vos quarante adhérents ?
Il y a de la tension, nous sentons une certaine fragilité. Mais je le redis, nous savons être résilients et nous nous adaptons. Les entreprises de la chambre ne font d’ailleurs pas uniquement de la construction neuve. Elles interviennent depuis des années sur des chantiers de réhabilitation-restructuration, ce qui a sans doute permis de mieux résister. Dans d’autres régions, ce n’était pas encore le cas. Ici, cela correspond à une ouverture de marché déjà inscrite dans les pratiques.
À lire dans l’édition du 12 février 2026 du Journal du BTP
