Anne Marsick : « Nous accompagnons les salariés en situation de handicap à rebondir professionnellement »

Anne Marsick est la nouvelle conseillère HandiBTP pour le Rhône. Ingénieur, titulaire d’un Master RH, elle a intégré le pôle régional HandiBTP juste avant l’été, pôle unique en France rattaché à la FFB AURA présidée par Samuel Minot.  L’occasion de rappeler ensemble les missions de HandiBTP et l’aide précieuse que son service peut apporter aux chefs d’entreprises et aux salariés porteurs de handicaps physiques.

Quelle est en deux phrases la mission de HandiBTP ?
HandiBTP accompagne les entreprises et les salariés sur des sujets liés au handicap grâce à des outils spécifiques BTP. Nos missions : analyser et clarifier les difficultés ou les projets liés à la restriction d’aptitude, à l’inaptitude ou au handicap ; mieux répondre à l’Obligation d’Emploi des Travailleurs Handicapés (OETH) ; et anticiper l’inaptitude…

Que dit la loi pour les entrepreneurs en matière de handicap ?
Les entreprises de plus de 20 salariés ont une obligation d’emploi de personnes en situation de handicap fixée à 6% de leur effectif. Si elles ne remplissent pas cette obligation d’emploi, elles versent une contribution à l’AGEFIPH, l’organisme national collecteur avec lequel nous avons une convention de partenariat. L’AGEFIPH restitue cette contribution aux structures qui ont besoin d’une aide pour le maintien d’emploi.

Revenons sur vos missions, vous en avez cité trois… Vous accompagnez les salariés en situation de handicap ?
Oui, c’est ce que nous appelons le « bilan professionnel BTP ». Nous accompagnons un collaborateur en situation de handicap soit en reclassement interne, soit en l’aidant à trouver un emploi dans une autre entreprise du BTP. Il s’agit souvent de personnes qui ont plus de dix ans d’expérience dans le métier et souffrent par exemple de troubles musculosquelettiques, ou de victimes malheureusement d’un accident de travail. Ils ne peuvent plus exercer leur métier comme avant ; nous les aidons à rebondir professionnellement afin de leur éviter d’avoir une rupture de parcours.

Des exemples ?
Nous avons aidé un façadier qui ne pouvait plus « tirer sur ses bras », monter à l’échafaudage. Nous avons cherché ensemble ce qu’il aimait faire – il voulait par exemple continuer à travailler en extérieur et surtout pas dans un bureau – jusqu’à aboutir à une ou deux directions professionnelles. Il est aujourd’hui conducteur d’engins. Et un électricien avec 25 années d’expérience qui ne pouvait plus suivre physiquement, et s’oriente aujourd’hui vers une formation d’inspecteur d’installation électrique.

Qui vous alerte ou vous sollicite ? Le salarié, le chef d’entreprise ?
Nous travaillons en collaboration avec le service médical du BTP, BTP santé au travail (notre médecine du travail), et avec les assistantes sociales de l’APAS BTP et de la Carsat qui accompagnent les salariés éligibles au handicap. Mais en effet, nous avons aussi des sollicitations d’employeurs qui constatent qu’un de leurs salariés se dirige vers une inaptitude à son poste et souhaitent avoir conseils et soutiens, souvent pour continuer à bénéficier de son expertise en interne.  Nous avons environ une quarantaine de dossiers chaque année qui arrivent à HandiBTP Rhône.

Il reste deux missions essentielles…
La seconde est l’appui au recrutement, lorsqu’une entreprise a le projet d’embaucher une personne en situation de handicap. Nous sommes sur ce sujet en lien avec de nombreux partenaires comme Cap Emploi ou la branche spécialisée sur le handicap de France Travail. Notre troisième axe de travail est la sensibilisation opérationnelle. Nous accompagnons l’entreprise et ses salariés sur l’anticipation à l’inaptitude, la levée de freins sur le handicap, ou sur l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés. Il s’agit là d’un accompagnement personnalisé, spécifique à l’entreprise, qui peut être une major ou une TPE. Comme ce co-gérant non salarié d’une petite entreprise touché par une inaptitude que nous aidons en ce moment à faire face dans son projet professionnel.

À lire dans l’édition du 15 octobre 2026 du Journal du BTP

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