RE2020 : Avec l’utilisation des nouveaux bétons bas carbone il faut « an-ti-ci-per »
Une matinée d’échanges dédiée aux évolutions du matériau béton et aux retours d’expérience de professionnels engagés dans la transition bas carbone a réuni le 30 septembre dernier à BTP Rhône l’ensemble des acteurs de la construction.
Des préconisateurs que sont les bureaux d’études jusqu’aux donneurs d’ordres et maîtres d’ouvrages en passant par les fabricants de béton et entrepreneurs de gros œuvre, les participants sont venus « explorer les meilleures options de prescription au service de leurs projets ». Et ce, dans un contexte contraint par les objectifs de la RE2020 et l’envolée des prix des matériaux.
Interview du président de la chambre de Maçonnerie Béton Armé de BTP Rhône, Bertrand Madamour, Directeur général et associé de PB Constructions, une entreprise de gros œuvre qui fait aussi du macro-lot et de l’entreprise générale sur la grande métropole lyonnaise.
Vous avez rencontré il n’y a pas si longtemps les acteurs du Béton Prêt à l’Emploi, venus présenter les avancées concrètes de la filière. Et cette fois vous réunissez tout le monde. Pourquoi aller si vite ?
Les enjeux bas-carbone et les objectifs à tenir de la RE2020 figurent dans les quatre axes de travail de ma feuille de route comme nouveau président de la chambre de Maçonnerie. Nous sommes très impliqués dans la décarbonation, de nouvelles approches émergent pour répondre aux objectifs tout en préservant la performance et la faisabilité des projets, mais nous ne pouvons pas avancer sans l’implication totale de tous les acteurs, notamment en amont des projets de construction.
Qu’est-ce qui est en jeu ?
Les contraintes sur les bilans carbone de nos bâtiments font qu’on se doit de mettre en œuvre des bétons de plus en plus complexes, performants, avec des mesures d’application particulièrement exigeantes. Maîtres d’ouvrage, fournisseurs de béton et entreprises de gros œuvre doivent pouvoir s’investir dès les phases de consultation d’un projet avec l’ingénierie et les bureaux d’études sur le choix des bons matériaux, aux bons endroits, en fonction du planning et de la saisonnalité. Ceci afin de prévenir les risques de mise en œuvre, de limiter d’éventuels surcoûts, et surtout de prévenir tout risque de sinistralité future.
En bref, une imbrication plus forte de chacun dans l’élaboration du projet ?
Il s’agit vraiment de partager ensemble de manière pragmatique et constructive les meilleurs choix, en s’appuyant sur le retour d’expérience des entreprises, car ce qui est séduisant sur le papier, peut s’avérer trop particulier, trop théorique, voire trop technique à mettre en œuvre, alors que nos conditions de mise en application sur le terrain ne s’arrangent pas, je pense par exemple aux longs épisodes de canicule. On veut parfois faire tellement « bas carbone » que l’on place les entrepreneurs de gros œuvre en difficulté. Nous, nous devons couler tous les jours… Nous nous plaçons là dans la gestion du risque financier, mais aussi du risque qualité, avec pour corollaire la durabilité du bâtiment.
Comment réagissent les donneurs d’ordre ?
Ils sont très sensibles à nos arguments. Ils ne peuvent se permettre des failles de qualité, des reprises coûteuses de travaux, synonyme de mécontentement de leurs clients avec les problèmes d’image que cela entraîne. Nous préconisons donc, je le répète, un dialogue opérationnel avec l’ensemble des acteurs dès la phase de consultation du projet.
Les objectifs de la REP doivent-ils être revus à la baisse ?
Des arbitrages sont en cours sur le futur de la trajectoire, la question de l’assouplissement des paliers (impact carbone à -15 % en 2025, -25 % en 2028, -35 à -50 % en 2031 par rapport aux seuils de 2022) est posée. Je considère qu’il serait sage pour l’instant de s’arrêter aux ambitions de 2025 vu le contexte économique, crise du logement et augmentation des coûts de construction.
À lire dans l’édition du 15 octobre 2026 du Journal du BTP

BTP RHONE & METROPOLE utilise des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.