Féminisation des métiers : un groupe de travail de BTP Rhône veut comprendre et s’investir
Elles se prénomment Audrey, Sophie, Lucie, Sheerazade, Murielle ou Véronique et viennent de lancer, avec la complicité de Bertrand Gallois, responsable Formation et Insertion à BTP Rhône, un groupe de travail sur la féminisation des métiers dans le cadre de la commission Formation de la fédération.
On connaît la situation : le nombre de femmes sur les chantiers demeure stable depuis des années malgré le travail des fédérations et des commissions pour promouvoir les métiers et les rendre à la portée de tous les genres et de tous les parcours.
En revanche, du côté des bureaux, de l’administration, des ressources humaines et de la gestion, et puis en haut de la pyramide, en tant que dirigeantes, propriétaires ou associées dans les entreprises, les femmes ont su trouver leur place.
Audrey Chauvel (RH et QHSE chez Blanchard & Blazquez), pilote du groupe :
« Les chiffres de la CERC (réseau des Cellules Économiques Régionales de la Construction) sont éloquents : les femmes ne représentent que 13,6 % du secteur du Bâtiment. Au niveau de la production et de la gestion opérationnelle de nos chantiers, on descend à moins de 3 %. C’est surtout la pérennité de ce chiffre et le fait qu’il se maintienne en l’état depuis dix ans qui nous interroge. Notre objectif n’est pas de trouver des solutions à cet état de fait, mais dans un premier temps de trouver des éléments de compréhension. Avec l’idée tout de même que si nous avons une meilleure compréhension, on pourrait peut-être avoir une influence sur ce chiffre ».
Le décor est planté.
« Nous ne souhaitions pas recréer ce qui l’était déjà, ni refaire ce qui a été fait, mais plutôt être facilitateurs des différents acteurs et partenaires qui travaillent déjà sur la question et en savent plus que nous. Cette notion de facilitation, c’est vraiment le cœur et l’ADN de ce groupe de travail », précise Audrey, qui avec son équipe a identifié sept axes de travail et actions : encourager l’engagement des femmes dans nos métiers, sensibiliser à l’inclusion et à la diversité sur chantiers, agir auprès des enseignants et auprès des acheteurs socialement responsables, accomplir une étude sur des parcours de femmes dans le BTP et la pérennité de l’attachement à la branche, collaborer avec des associations spécialisées et promouvoir l’entrepreneuriat auprès des femmes.
« Un de nos projets, avec la commission formation, c’est de faire la promotion des métiers et de montrer aux femmes en reconversion ou aux jeunes filles qui n’osent pas l’envisager, que nous femmes du BTP on s’éclate, on y arrive… venez nous rejoindre », développe Sophie Michel, co-gérante de MEG Michel Électricité Générale, et en même temps alternante pour préparer son CAP d’Électricité.
Des exemples ?
« Nous allons réaliser des interviews sur des femmes qui travaillent sur les chantiers, pour les poster sur les réseaux et montrer qu’on s’accomplit dans le BTP. Nous allons aussi organiser un afterwork le 23 avril à la fédération où nous recevrons des jeunes filles en apprentissage, des femmes en reconversion ou à la recherche d’un job, qui ne connaissent pas les dizaines de métiers du BTP ».
Le parcours de Lisa Phillis, tout juste 20 ans, qui ne trouvait pas sa voie en seconde dans la filière « Arts appliqués », pourra servir de fil rouge. Attirée par la ferronnerie, Lisa saisit l’opportunité d’une alternance dans une métallerie de la Loire. Bingo. Lisa est aujourd’hui la gérante de LS Métallerie (Bellegarde-en-Forez) après s’être préparée au concours de Meilleur Apprenti de France dans un CFA qui comptait une trentaine de filles pour un millier de garçons. Une envie, une détermination, un amour du métier si contagieux qu’elle est un étendard à elle seule.
Des Audrey, des Sophie, des Lisa, il en existe d’autres, plein d’autres. Mais pas assez. Autant de témoignages pourtant que le BTP est à la portée de tous les genres et offre, même sur les chantiers, des satisfactions que peu d’autres secteurs d’activité proposent.
À lire dans l’édition du 12 mars 2026 du Journal du BTP
