A Saint-Martin-en-Haut, la métallerie Tarres a tout d’une grande

Pour trouver la métallerie Tarres, il faut sortir de Saint-Martin-en-Haut et filer jusqu’au bout de la zone d’activité des Plaines, en lisière de champs. L’entrée semble être là, dans un discret arrondi post-années 60 au toit terrasse comme accroché à deux anciens bâtiments type hangars.
Ce que l’on n’a pas vu en suivant la flèche « visiteurs », c’est le chemin montant qui mène derrière. Et derrière, justement, tout est neuf, aéré, aérien, avec de larges bâtiments pimpants et modernes.
Il y a là l’entreprise Colinet – distribution et réparation de tracteurs et matériels agricoles – et l’atelier de débit et mise en forme de la métallerie Tarres, le « Centre de compétences des Plaines », à la fois magasin de pièces détachées, atelier de production et réparation, centre logistique et administratif.
Presque autonomes en eau et énergie, ces bâtiments accueillent des machines au top, dont une de découpage laser– avec fabrication d’azote sur place – un stockage automatique, et le chauffage par le sol. Le top.

Tout est dit. Le lien entre Colinet et Tarres – une centaine de salariés spécialisés au total – entre ce groupe familial depuis 4 générations dans l’équipement agricole, et la métallerie créée en 1969 mais rachetée en 2015 par Bertrand Colinet ; le lien entre l’ancien monde de Tarres, artisanal avant la reprise, devenu en dix ans semi-industriel après d’importants investissements – environ 5 millions – en locaux et en machines.

« L’ancien propriétaire de Tarres souhaitait que je rachète l’entreprise », évoque sobrement Bertrand Colinet, PDG des deux entités, « et moi je suis allé chercher mes deux « amis et artistes », Arnaud et Romain ».
Ses deux associés depuis quatre ans, Arnaud Charvolin (Production), et Romain Joannon (Travaux extérieurs). « Nous avons deux secteurs d’activité principaux, l’Industrie et le Bâtiment. La partie Industrie existait avant notre arrivée, nous l’avons confortée avec une internalisation complète des process, car pour arriver à prôner et justifier la qualité il faut limiter la sous-traitance. Et puis nous avons développé le marché du Bâtiment qui représente aujourd’hui plus de la moitié du chiffre d’affaires ».

Une montée en compétences pour l’ensemble des salariés formés aux nouvelles machines et nouveaux process. Deux conducteurs de travaux – « responsables de A à Z », souligne Bertrand – sont en place, et un bureau d’études a été créé.  Reste l’activité de peinture, encore externalisée… C’est à l’étude pour 2027.

En novembre dernier, le trio a racheté une menuiserie aluminium dans la Loire, LM2A, avec laquelle des synergies se mettent en place, et qui ouvre l’opportunité de nouveaux marchés.

Ce qui frappe, en visitant l’entreprise Tarres, c’est la juxtaposition du monde artisanal et du monde industriel évoqué plus haut. « Nous travaillons aussi bien avec des technologies d’antan, qu’avec des technologies ultra modernes, sur du produit plat ou du produit long », commente Bertrand Colinet. Chacun des trente compagnons traite sa propre commande, en utilisant son incroyable savoir-faire.

Résultat : une immense marquise à retaper ici, des portes en métal à rupture de pont thermique sur un autre poste, des bras articulés, un « distributeur » d’engrais, des espagnolettes de volets de fenêtres pour un menuisier qui travaille pour les Bâtiments de France, et puis de très longs profils percés au dixième de millimètre près engagés sur une machine ultra moderne… On en passe.
« Nous avons plus de 200 sortes de tôles et 700 sortes de profils en stock », énonce Bertrand, ce qui nous permet de répondre à toutes demandes. Le service, « la commande pour « hier » », représente environ 25% de notre activité.

Le reste ?  Marchés publics, marchés privés, collectivités… Tarres travaille beaucoup pour des écoles, des gymnases, des commerces et des usines aussi avec de l’agencement, de l’agricole. Et de nombreux artisans divers et variés. « Aucun client ne dépasse 10% de notre activité », précise Bertrand.
Le prix de la liberté.

À lire dans l’édition du 5 mars 2026 du Journal du BTP

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