Jean-Luc Marion, médaillé d’argent de la chambre des Métiers
Ancien président national du Groupement des Staffeurs, ancien vice-président de l’UMPI-FFB (Union des Métiers du Plâtre et de l’Isolation), mais toujours président de la section Finition à BTP Rhône et élu à la chambre des Métiers, Jean-Luc Marion est une figure dans le monde du staff et de la décoration d’intérieur.
Après avoir travaillé dans un grand groupe, il rachète en 1998 l’entreprise Deroux Dauphinà ses créateurs, pérennise son savoir-faire et sa réputation à la fois dans l’univers du neuf et de la réhabilitation lourde. Hôtels et restaurants haut de gamme, boutiques chics, et quelques particuliers qui souhaitent redonner du cachet à leur appartement haussmannien, se disputent son quotidien aux côtés de quelques belles restaurations de monuments patrimoniaux classés.
Attaché à conserver une taille humaine à l’entreprise, et afin de s’adapter au marché de niche du staff et de la décoration, Jean-Luc Marion n’a jamais souhaité dépasser les dix salariés mais a toujours reçu des compagnons du Tour de France ou de la Fédération Compagnonnique en apprentissage dans l’atelier, à Vaulx-en-Velin aujourd’hui, ou sur le théâtre des opérations.
En 2023, il confie les rênes de Deroux Dauphin à Armand Bozonnet, qu’il avait embauché dans cette optique « parce qu’il avait les yeux qui brillaient en entrant dans l’atelier ».
Engagement par ses nombreux mandats ; attachement à la formation et à la transmission : Jean-Luc Marion a donc reçu la médaille d’argent de la chambre des Métiers sur proposition de la fédération BTP Rhône.
Cette médaille est à la fois la reconnaissance de la profession pour votre engagement comme élu ou mandataire mais aussi pour votre attachement à la transmission du geste. Vous avez beaucoup formé ?
J’ai un parcours d’artisan pendant lequel j’ai en effet beaucoup accompagné des jeunes ou des entrepreneurs avec mes mandats.Chez Deroux Dauphin, nous accueillons régulièrement en formation un ou deux compagnons.Nous avons connu des années compliquées, les jeunes étaient orientés loin des métiers manuels, mais depuis quelques années je sens un regain, une volonté de beaucoup d’entre eux, même diplômés, de revenir sur des métiers qui leur parlent, créatifs, manuels… Ils ont besoin de s’exprimer avec leurs mains autant qu’avec leur tête, dans une entreprise à taille humaine où ils seront une pièce maîtresse à forte valeur ajoutée et pas un simple numéro.
Est-ce que le métier a beaucoup évolué ?
Il s’est modernisé :nous travaillons avec des niveaux laser, avec parfois des exosquelettes, et puis l’outillage, tout ce qui est électroportatif, a beaucoup évolué, mais le matériau de base – le plâtre, la filasse (fibre végétale) et l’eau – est resté le même. Il y a juste des variétés de plâtre qui se sont améliorées, mieux adaptées à des temps de fabrication propres à chaque ouvrage. Il faut rappeler ici que nos matériaux de base ne sont ni « gouttants » ni inflammables, et donc parfaitement adaptés aux bâtiments qui reçoivent du public. Et ils permettent de travailler sans limites de formes, modèles, tailles, etc…Le staff permet de réaliser énormément de projets, c’est aussi ce qui en fait sa particularité, et sa réputation en décoration dans des intérieurs souvent haut de gamme ou patrimoniaux.
C’est ce qui fait l’intérêt du métier. Sa fibre artistique, décorative, et donc très technique ?
C’est pour ces raisons que le marché concerne aujourd’hui majoritairement le tertiaire. Hôtels et restaurants de luxe, à Courchevel ou Saint-Tropez, et que nous allons moins qu’avant chez les particuliers, sauf ceux qui ont des projets avec une maîtrise d’œuvre – architecte ou décorateur – qui veulent rénover, refaire, compléter, modifier des pièces en gardant l’esprit des corniches existantes. Mais en dehors de ces particuliers-là, le client doit pouvoir accepter de payer la prestation à sa juste valeur, et répondre à l’équation que vous évoquez dans votre question : technicité, fibre artistique, pose et finition impeccables…
À lire dans l’édition du 22 janvier 2026 du Journal du BTP
