Alban Durand : « L’impact de la canicule commence vraiment à se mesurer en quantité de bâtiments fissurés »
Alban Durand est le directeur d’activités de Filia, entreprise de Maçonnerie et Génie civile, dont le siège est à Saint-Georges-de-Reneins. Une filiale de Legros TP présidée par Oriane Viguier, spécialisée dans les ouvrages complexes et spéciaux. Confronté à de nombreuses demandes de ses clients à la recherche de conseils après l’apparition de fissures sur leur bâti en fin d’été, Alban Durand évoque avec nous la problématique des canicules à répétition auxquelles toutes les entreprises du BTP doivent se préparer.
J’ai des fissures qui sont apparues sur ma façade cet été, je dois m’adresser à vous entreprise de Maçonnerie et Génie civil, ou à mon assureur ?
Nous pouvons venir évaluer le problème, ce que souhaitent aujourd’hui la plupart de nos clients inquiets pour leur construction, mais la première porte d’entrée reste l’assureur. L’assureur diligentera des experts qui détermineront si le problème vient du sol, ou s’il provient de la construction du bâtiment, de travaux réalisés après la construction. L’expert va aller chercher les responsabilités de chacun. Car si la construction a moins de dix ans, la garantie décennale peut s’appliquer, il s’agit de déterminer si le bâti a été bien construit dans les règles de l’art suivant les préconisations de l’étude structures.
Vous avez reçu beaucoup d’appels à la suite des phénomènes répétés de canicule de cet été ?
Oui, l’impact de la canicule commence vraiment à se mesurer en quantité de bâtiments fissurés, notamment sur les sols argileux, dans le Rhône mais surtout dans l’Ain et en Saône-et-Loire.Notre intervention permet de rassurer ou non nos clients sur la tenue de leur bâtiment avant le passage des experts. Les éventuels travaux ne pourront débuter que dans deux ou trois ans, après leur rapport, la pause de jauges de fissures, et les préconisations d’un bureau d’études.
Il s’agit de fissures en façades ?
Nous voyons de tout, beaucoup de fissures en escalier, des fissures de linteaux, nous constatons parfois clairement que le sol est descendu et a laissé des vides qui se répercutent au niveau de la construction.Certaines fissures ne sont pas esthétiques, mais ne mettent pas en danger la structure. D’autres rendent le bâtiment inutilisable. Il y a aussi des cas où le receveur de baignoire ou de douche présente des fissures, l’eau peut s’infiltrer, avec les dégâts qu’on imagine.
Filia compte dix salariés. Vous aussi avez été confrontés à la canicule sur les chantiers. Comment vous êtes-vous organisés ?
Nous avons été contraints comme tous les collègues d’adapter les horaires. Avec des journées qui débutaient tôt le matin et finissaient tôt. Nous avons travaillé de 6h à 14 h une partie de l’été avec une pause déjeuner réduite pour essayer d’éviter les heures chaudes. Malgré cela, les compagnons ressortent épuisés en fin de journée, cela se traduit par une perte de productivité, avec pour conséquence des retards de chantiers.
Il vous faut une autorisation spéciale pour commencer dès 6h00 le matin ?
Nous avions la chance de travailler sur des domaines privés ou semi-privés, mais pour ce qui concerne le domaine public, oui. Notre président Norbert Fontanel et la fédération ont œuvré auprès de la Préfecture et œuvrent toujours pour obtenir une harmonisation des pratiques en ce sens en région.
Avec la fatigue, un déficit de productivité, les retards, et les horaires imposés, vous vous y retrouvez financièrement ?
Ajoutez à cela l’utilisation de matériaux spéciaux et donc plus chers comme le béton retardé afin de s’adapter à la température, le coût du chantier s’envole. Et les marges se resserrent.
Tous ces thèmes et difficultés inhérentes ont été prises en main par la fédération ?
Oui, il y a eu dès le début d’été de nombreuses communications et informations essentielles sur ce que nous avions le droit de faire et de ne pas faire, qui nous ont permis de nous situer. Ce sujet de canicule à répétition est bien pris en compte par nos élus de la fédération qui proposent des solutions sur l’organisation du travail. Nous avons besoin d’avancer collectivement sur ce sujet devenu incontournable.
À lire dans l’édition du 8 octobre 2026 du Journal du BTP

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