Éric Payen : « L’URSSAF transforme son image pour devenir plus accessible »

De nombreux chefs d’entreprise et artisans engagés représentent nos entreprises du Bâtiment et des Travaux Publics dans des instances où se prennent des décisions qui façonnent directement leur quotidien. Emploi, protection sociale juridictions prud’homales, logement, formation professionnelle…
Rencontre avec quelques-uns des mandataires de la fédération BTP Rhône.

Réélu fin mars président des URSSAF Rhône-Alpes pour un mandat de quatre ans, Éric Payen est un jeune retraité actif. Ingénieur de formation (École Nationale des Ponts et Chaussées), il a racheté en 2015 l’entreprise PEIX, spécialisée dans la construction et la réhabilitation immobilière, transmise il y a bientôt quatre ans à son fils Florent.

Comment devient-on président du conseil d’administration de l’URSSAF Rhône-Alpes ?
J’ai d’abord été administrateur à l’URSSAF du département du Rhône à la demande de la fédération BTP Rhône et du MEDEF. Et puis j’ai été nommé administrateur des URSSAF Rhône-Alpes et enfin élu président en décembre 2023 à la mi-mandat de Marc Poisson qui venait de prendre la présidence de l’URSSAF Caisse Nationale.

Quelles sont les missions d’une telle présidence ?
L’URSSAF a trois missions : la première, la plus connue, c’est la collecte destinée à organiser la redistribution sociale en France. La deuxième, c’est de veiller à l’équité pour les salariés et entre les entreprises. Et la troisième est d’accompagner les entreprises. Le rôle du président et de son conseil d’administration est d’assister la direction de l’URSSAF Rhône-Alpes à la bonne application de ces missions. Depuis deux ans, avec la directrice Frédérique Miny, nous avons par exemple multiplié les contacts avec les syndicats patronaux pour expliquer et faire découvrir le vrai visage de l’URSSAF, une URSSAF au service des entreprises et non pas contre l’entreprise.

 L’URSSAF souffre d’un problème d’image ?
Nous avons la très belle mission de financer la redistribution sociale en France. Mais nous effectuons aussi des contrôles qui ne sont pas toujours bien compris. Je me suis donné comme objectif de démystifier cette image négative, et faire en sorte qu’elle soit mieux appréhendée par les chefs d’entreprise. L’URSSAF évolue aujourd’hui pour devenir beaucoup plus accessible, plus « lisible ».

Si vous avez été réélu, c’est sans doute que vous appréciez beaucoup votre mission…
Oui, c’est vraiment passionnant. Comme participer aux commissions de recours amiables, et tenter de donner un coup de main aux entreprises qui viennent d’être contrôlées par les inspecteurs de l’URSSAF en essayant d’amender l’éventuelle sévérité des décisions. En fonction de la nature du dossier, du comportement de l’entreprise, un accompagnement peut se faire sur les délais de paiement, des remises de majorations de retard, des remises de pénalités… sur un échelonnement des cotisations sur 12 ou 18 mois, ce qui permet à l’entreprise de passer la vague de ses difficultés de trésorerie.

Sur quelle faute l’URSSAF est-elle intraitable ?
La seule règle à suivre, si une entreprise connait des difficultés de trésorerie, c’est de payer les charges sociales des salariés. Si elles sont bien payées, l’URSSAF est susceptible d’accorder des facilités de paiement. C’est le message principal que nous souhaitons faire passer avec Frédérique Miny aux syndicats patronaux.

  • L’URSSAF Rhône-Alpes compte plus de 1500 collaborateurs, répartis sur 13 sites, qui lui permettent d’assurer la gestion de 946 320 comptes cotisants, pour un montant d’encaissement de 51,2 milliards d’euros en 2024. 109 millions de redressements de cotisations dans le cadre du contrôle comptable d’assiette ; 128 millions de redressements de cotisations dans le cadre de la lutte contre le travail dissimulé.

À lire dans l’édition du 23 juillet 2026 du Journal du BTP

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