Loïc Charvet : « Il y a de plus en plus de professionnels et de particuliers convaincus par l’utilisation du bois »

De nombreux chefs d’entreprise et artisans engagés représentent nos entreprises du Bâtiment et des Travaux Publics dans des instances où se prennent des décisions qui façonnent directement leur quotidien. Emploi, protection sociale juridictions prud’homales, logement, formation professionnelle…
Rencontre avec Loïc Charvet, président de Fibois 69 depuis quelques semaines.

À la tête de la menuiserie Flacher, à Lentilly, depuis 2012, et de l’entreprise Martinod, à Songieu, dans l’Ain, rachetée dix ans plus tard, Loïc Charvet a travaillé dans la construction navale ou l’événementiel avant d’être associé dans une entreprise de négoce de bois et de produits dérivés. Son activité est spécialisée dans la fabrication de fenêtres, portes, portes-fenêtres, portes d’entrée, portes d’immeubles, coulissants, façades de magasins… souvent pour des projets complexes, voire urgents.

Il est depuis quelques semaines président de Fibois 69, association qui regroupe et fédère 12 interprofessions de la filière forêt-bois.

Comment êtes-vous parvenu à la présidence de Fibois 69 ?
Je faisais partie du conseil d’administration depuis deux ans, où j’ai rencontré des professionnels passionnés et passionnants, des propriétaires de forêts, des exploitants, des scieurs, des charpentiers, des architectes… et où j’ai appris plein de choses. Et puis, l’ancien président a choisi de se recentrer sur son entreprise. Le conseil a estimé que j’avais le bon profil et m’a poussé à lui succéder. Les présidents de Fibois 01 et 42 sont aussi des menuisiers.

Quelle est la mission de Fibois ?
Il faut savoir que Fibois est née d’une volonté politique, portée par le Département, la Région… de créer une filière. Pour valoriser le savoir-faire traditionnel, développer, accompagner et promouvoir le tissu d’entreprises, faire du bois un matériau indispensable pour la transition énergétique, faire découvrir les modèles économiques circulaires. En fait, il s’agit de promouvoir le bois local, de fédérer et soutenir les entreprises, toutes les entreprises de la filière, de la première et de la deuxième transformation.

Plus concrètement, cela se traduit comment ?
Nous faisons par exemple découvrir la forêt et la filière bois aux plus jeunes, en organisant des visites ou des événements pour les écoles. Nous nous adressons également aux entreprises en les accompagnant, en organisant des rencontres ou des conférences comme les « 5 à 7 de l’éco-construction », et aux familles avec la « Grande Fête de la Forêt et du Bois », prévue les 11 et 12 juillet à Claveisolles. Mais Fibois doit encore se développer : nous allons aussi chercher de nouveaux adhérents et de nouveaux financements.

Vous disposez de combien de permanents ?
Trois personnes et un apprenti. Fibois a bien grandi depuis sa création, notamment sous la présidence de mon prédécesseur. Nous créons des événements, nous portons des projets, comme « Filière 2100 ». Nous nous interrogeons, et nous entraînons chacun à s’interroger sur une projection idéale de la filière à l’horizon 2100. Qu’est-ce que nous voulons ? Que faut-il changer ? Que faut-il entreprendre ? Plus de deux cents étudiants, lycéens et acteurs de la filière se sont déjà exprimés sur notre avenir lors d’une quinzaine d’ateliers depuis l’année dernière.

Comment se porte la filière aujourd’hui ?
Il y a de plus en plus de professionnels et de particuliers convaincus par l’utilisation du bois. Le Rhône a la chance d’avoir de belles et grandes forêts de douglas. Une grande partie de la filière tourne autour de cette essence, qui bénéficie d’une forte demande pour des lames de terrasses, du bardage, de la charpente, des tasseaux. Nous travaillons pour que les menuisiers puissent un jour utiliser cette production locale, dans le cadre de circuits courts, mais le douglas n’existe pas encore en carrelets, le matériau de base de nos travaux.

À lire dans l’édition du 11 juin 2026 du Journal du BTP

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