Soirée magique et connectée pour les adhérents de BTP Rhône dans un climat économique très chaud

La conjoncture n’est pas vraiment meilleure cette année – on le verra avec les chiffres de la CERC ARA – mais la météo, elle, fut bien plus chaleureuse, permettant à chacun des adhérents présents de savourer la beauté des lieux, les pierres dorées et la fraicheur des jardins ombragés, à l’issue d’une AG encore marquée par la complexité de l’équation du moment : guerre au Moyen Orient, prix des carburants et des matériaux en hausse, fébrilité et attentisme à l’approche des élections nationales, entre-deux avec le changement de majorité à la Métropole Lyonnaise.

C’est sans doute pour ces motifs que la fédération a choisi de faire intervenir le talentueux Benoit Loizeau, magicien-mentaliste, qui a su captiver un auditoire bluffé par son talent et… l’humour de son show. « Le mentalisme est un mélange de psychologie, de magie et d’astuces, qui peut donner au public la sensation d’être face à un sixième sens ou un phénomène paranormal. Alors que nous ne sommes ni des voyants, ni des médiums », a expliqué Benoît.
Et pourtant, chacun a bien failli croire que son don divinatoire était bien réel. Ce qui était réel, en revanche, c’est son message sur la connexion, la connexion d’un groupe, et la force qu’il en ressort.
A l’image de BTP Rhône.

Mais pas de magie hélas dans les chiffres fournis par la CERC, publiés le 12 mai. On les reprend ici :

  • Construction neuve de logements : le total de logements commencés est en hausse de + 13,5% sur 12 mois). Le total de logements autorisés est en progression, lui, de + 68,3%. « Ces chiffres sont certes importants en pourcentage mais il convient de rappeler que nous partons de très bas et que le volume reste faible », a noté Norbert Fontanel.
  • Construction neuve de locaux : le total de locaux commencés est en hausse de + 4,1% sur 12 mois, mais le total de locaux autorisés est en baisse, lui, de – 7,4%.
  • Entretien-rénovation de bâtiments : au niveau de la région Auvergne Rhône-Alpes le segment recule sur l’ensemble de l’année 2025 (- 1,3% en volume), après plusieurs années de croissance.
  • Travaux Publics : toujours au niveau régional, l’activité s’est nettement dégradée au 1er trimestre 2026. Certaines entreprises sont en sous activité vont se poser la question de l’activité partielle.
  • Emploi, le nombre de salariés dans le secteur de la construction est en baisse de – 1,9% sur un an.

Bref, pas encore de quoi se réjouir, mais le BTP conjugue le mot résilience sur tous les modes, et encore « au moins jusqu’en 2028 » selon Norbert Fontanel qui évoque les présidentielles de l’an prochain et les législatives qui vont suivre comme début d’un horizon qui pourrait devenir plus favorable, si le contexte géopolitique s’apaise d’ici là.

« Un élément déclencheur attendu pour relancer l’investissement privé »
Sur ce point justement, le président de la fédération du Rhône a évoqué les actions menées au niveau national par la fédération qui ont permis d’obtenir des mesures de soutien aux entreprises du BTP face à la hausse du gazole non routier.

Concernant la hausse des prix des matériaux, il a rappelé qu’une « circulaire demande aux acheteurs publics de prendre en compte dans les contrats en cours et dans les marchés à venir, les hausses de coût subies par leurs fournisseurs en raison du conflit en Iran ».
Pour les marchés privés, « les bailleurs sociaux, comme tous les acheteurs privés et publics soumis au Code de la commande publique, sont bien tenus d’appliquer les règles relatives à l’actualisation et à la révision des prix », a-t-il ajouté.

Reste le nœud du problème du Bâtiment : le coût de la construction en France, porté par les taxes – dont le nouveau MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières), “taxe carbone”, qui va soumettre le fer et l’acier, le ciment, l’engrais, l’aluminium, l’électricité et l’hydrogène à un surcoût pour les importateurs lors du franchissement des frontières européennes.

« Notre pays est le champion des taxes. Et des normes. Alors que nous sommes déjà hors marché. Nous proposons des produits que nos clients ne peuvent pas acheter… Et personne ne s’en émeut. Et de souhaiter en urgence un « élément déclencheur » qui permette au bailleur privé d’investir et de relancer la construction de logements, dans un contexte de pénurie réelle de l’offre.

Taxes, normes, anticipation et réalité du terrain… BTP Rhône agit : le président, son bureau et présidents de chambres, ont pris des rendez-vous avant l’été avec le nouvel exécutif de la Métropole, armés notamment des treize propositions concrètes du Livre Blanc.

« Plus que jamais à vos côtés »
Car si le mot « résilience » se conjugue sur tous les modes, il rime malgré lui avec le mot « urgence » …

Et comme la fédération ne sait et ne peut se contenter de subir, elle poursuit sa mission première : assister les artisans et chefs d’entreprise dans les transitions qu’elle connait.
« J’ai souhaité que BTP Rhône soit plus que jamais à vos côtés afin de vous accompagner aux transitions écologique, énergétique, technologique, digitale ou encore numérique », a martelé Norbert Fontanel.

Au menu par exemple, le « Parcours Métiers », porté » par Éric Doublier : « si la conjoncture reste tendue, cela ne doit pas nous faire oublier notre mission de promotion des métiers afin d’attirer les jeunes. En effet, nous devons renouveler les effectifs qui partent à la retraite et la concurrence avec les autres professions, compte tenu de la chute de la démographie – 800 000 gamins en moins qu’il y a 10 ans qui rentrent en cours primaire – sera de plus en plus rude », a expliqué Norbert Fontanel ; la troisième session de la formation TERRA BTP, créée par BTP Rhône et inspirée de la Convention des Entreprises pour le Climat ; dans le même esprit, la Matinale du 9 juin « Anticipons l’imprévisible ! Le BTP dans un monde fluctuant, sommes-nous prêts ? organisée par la commission Environnement, portée par sa présidente Marie-Myriam Favre.

Samuel Minot : « la REP est un sujet inextricable »

Le président de la fédération du Bâtiment Auvergne Rhône-Alpes est intervenu sur la « Responsabilité Élargie du Producteur » : « C’est une responsabilité de la filière. Il s’agit d’assurer le principe du pollueur-payeur en assurant la fin de vie des matériaux qu’on met en œuvre. Une grande ambition, qui, hélas, a été mal initiée. C’est devenu un fiasco, et il y a beaucoup de frustration de la part des adhérents et des entreprises du BTP, contraints de payer alors qu’ils n’ont pas de services en face. Nous demandons donc une réforme profonde, même si ce sera difficile puisque les choses sont déjà lancées, afin de faire bouger les lignes et trouver des solutions pour obtenir enfin le service attendu par les entreprises qui le paient, de l’artisan jusqu’au grand groupe. Ce ne sera pas magique, nous devons tous y mettre de la bonne volonté pour avancer ». 

À lire dans l’édition du 4 juin 2026 du Journal du BTP

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