Benjamin Saulnier : « Couvreur c’est un métier passionnant qui rend fier »
À tout juste dix-huit ans, Benjamin Saulnier est l’un des lauréats de la Médaille d’or nationale du concours MAF 2024. Il vient d’intégrer en CDI l’entreprise Alain Le Ny, à Dardilly, une référence dans le monde de la couverture-zinguerie.
Il y a pire comme CV pour un jeune homme né à Trévoux, entré un peu par hasard dans le métier en poussant la porte de l’Institut des Compagnons du Tour de France de Mouchard, dans le Jura. Une rencontre inspirante.
Quel a été votre chemin pour devenir couvreur ?
Je cherchais un stage de troisième et je suis tombé par hasard sur l’école des compagnons de Mouchard. Pendant le stage, j’ai participé à une journée de découverte de la couverture, mêlant théorie et pratique. Le métier m’a plu et j’ai décidé de continuer. Je suis resté trois ans à l’Institut des Compagnons du Tour de France où j’ai passé un Bac Pro IPBC (Interventions sur le patrimoine bâti – option couverture).
Et votre alternance s’est déroulée chez Le Ny ?
C’est l’école qui m’a trouvé cette opportunité. Je m’y suis senti bien dès le départ, c’est une très belle entreprise, bien équipée, qui réalise de très beaux chantiers, et j’ai souhaité poursuivre avec eux. L’entreprise m’a embauché le 1er septembre dernier.
Qu’avez-vous appris chez Le Ny ?
Ce qui m’a vraiment donné l’envie de rester, c’est la beauté et la qualité des bâtiments historiques que nous devons rénover. En ce moment par exemple, je suis en déplacement à Évian, où nous travaillons sur la toiture de la buvette Cachat (1), c’est un bâtiment remarquable, sur lequel le travail réalisé est de grande qualité.
Au-delà de la beauté des monuments sur lesquels vous intervenez, qu’est-ce qui vous plait vraiment dans la couverture-zinguerie ?
Je ne me voyais pas rester derrière un ordinateur, je préfère travailler de mes mains, faire du concret, et réaliser quelque chose que je peux admirer en fin de la journée, qui va rester inscrit dans le temps. Et puis il y a la richesse des matériaux, le zinc, le cuivre, les ardoises… Il existe de nombreuses techniques pour les poser, on n’a jamais fini d’apprendre. Sur un toit je me sens libre, calme, apaisé… Couvreur c’est un métier passionnant, qui apporte une véritable satisfaction et rend fier.
Cette médaille d’or nationale, comment l’avez-vous obtenue ?
Elle s’est jouée à l’école. Avec trois autres compagnons, nous avons réalisé pendant les vacances de février et la moitié des vacances d’avril une maquette de toiture avec lucarne et chéneau encaissé. Nous avons donc travaillé l’ardoise et le zinc. C’était beaucoup de travail mais dans une très bonne ambiance. Le jury composé de MOF et de professeurs est venu noter les maquettes, et nous sommes deux à avoir obtenu cette médaille d’or. Les deux autres n’étaient vraiment pas loin…
Vous allez préparer un autre concours dans la foulée ? Pour l’instant, je souhaite surtout travailler et continuer à apprendre. J’ai vraiment apprécié ce concours mais je ne me vois pas en refaire un autre tout de suite. Peut-être plus tard…
Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Je suis encore jeune, mais dans quelques années j’aimerais pouvoir voyager, aller travailler à La Réunion ou à la Martinique, où j’ai de la famille, j’aime bien les iles… Le travail y sera sans doute différent, mais il y a aussi de beaux bâtiments à rénover là-bas.
1 – Édifiée à l’emplacement du premier établissement thermal, la buvette de la source Cachat fut achevée en 1905. Le maître d’œuvre, Jean-Albert Hébrard, fut également l’architecte de l’hôtel Royal 5 étoiles entre 1906-1908 et du Casino entre 1911-1913.
À lire dans l’édition du 8 janvier 2026 du Journal du BTP
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