Bois et paille : le duo gagnant de la construction bas carbone

Les membres de la commission « Énergie et Bâtiment responsable » de la fédération BTP Rhône ont visité le 10 septembre dernier l’entreprise Manufacture Bois Paille (MBP) à Villefranche-sur-Saône, qui conçoit, fabrique et commercialise des murs en ossature bois isolés avec des bottes de paille et matériaux biosourcés. Présidée par François Reppelin, la commission a inscrit dans sa feuille de route ces rencontres régulières avec des acteurs locaux dont l’activité favorise la décarbonation.

« Notre commission s’intéresse aux nouvelles technologies, et plus précisément aux nouveaux modes de construction », énonce François Reppelin. « Nous organisons régulièrement ce genre de visites sur les nouvelles façons de construire ou de réhabiliter. Au printemps, nous avions rencontré les responsables de la réhabilitation de la cité Bel Air, à Saint-Priest, qui ont choisi pour une isolation par l’extérieur la préfabrication en usine de murs ossature bois. À la Manufacture, le sujet était la construction, avec l’utilisation d’une nouvelle technologie, une nouvelle façon de construire avec de la paille. »

La commission a été reçue par Roger Garrivier, dirigeant de la Manufacture Bois Paille, avec Caroline Gillibert, architecte (CG Conception), qui a pu témoigner de son expérience sur le chantier récemment livré d’une rénovation et extension bois-paille à l’école Henri Wallon, groupe scolaire situé à Givors.

C’est dans son atelier de 2 500 m² que la Manufacture conçoit et fabrique les murs ossature bois isolés avec des bottes de paille, adaptables à tous types de projets limités en nombre d’étages : des bâtiments tertiaires et industriels, des maisons individuelles, écoles, crèches, gymnases, etc. Et aussi des logements collectifs, même si ce volet est encore peu développé. Capacités de production : 15 000 m²/an.

En quatre années d’existence, MBP a déjà livré soixante-dix bâtiments en France dont un gymnase à Creys-Mépieu (38), un groupe scolaire à Feyzin, ou encore une recyclerie à Châtillon-sur-Chalaronne (01).

Alors pourquoi l’utilisation de paille comme isolant, même si ses performances thermiques et environnementales exceptionnelles sont connues, alors que cette matière première peut engendrer des craintes légitimes auprès des néophytes ?

Parce que contrairement aux idées reçues, la paille compressée résiste particulièrement bien au feu, puisqu’elle ne brûle pas mais se consume. Pour l’exemple, le SDMIS de Villeurbanne vient d’ailleurs d’inaugurer un nouveau bâtiment en bois paille à la Doua.

Après le feu, l’eau. Et là, une grande vigilance en phase chantier est essentielle. Les finitions doivent empêcher les infiltrations d’eau (pluie ou remontées capillaires). « Le traitement des points singuliers (pieds de mur, liaisons toiture, ouvertures) est déterminant pour éviter les ponts thermiques et les zones humides », indique la Manufacture.

Pour le reste, les avantages de l’emploi de ce matériau biosourcé et de la préfabrication en usine permettent une mise en œuvre plus rapide et plus propre sur le chantier, et de rester compétitifs par rapport à des matériaux plus conventionnels (souvent bien plus émetteurs de GES et non biosourcés), avec un surcoût somme toute acceptable à niveau de prestation égale en comparaison de ses vertus.

« En réhabilitation, les dossiers d’appel d’offres réclament systématiquement aujourd’hui une variante avec un produit, un isolant biosourcé », souligne François Reppelin. « Et puis il y a aussi des maîtres d’œuvre, des architectes, convaincus qu’un isolant biosourcé sera meilleur pour le confort d’été. En choisissant l’isolation par l’extérieur, on règle les problèmes du froid, de la chaleur et de l’économie d’énergie, mais on apporte en outre du bien-être l’été dans le logement. »

Autant de motifs qui poussent les douze membres de la commission « Énergie et Bâtiment responsable » à s’informer sans cesse sur les techniques innovantes.

 

À lire dans l’édition du 16 octobre 2025 du Journal du BTP

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