Christophe Bernollin : « la chambre de Métiers est une boite à outils qui simplifie la vie des artisans »

De nombreux chefs d’entreprise et artisans engagés représentent nos entreprises du Bâtiment et des Travaux Publics dans des instances où se prennent des décisions qui façonnent directement leur quotidien. Emploi, protection sociale juridictions prud’hommales, logement, formation professionnelle…
Rencontre avec quelques-uns des mandataires de la fédération BTP Rhône.

Président de la chambre de Métiers du Rhône, et troisième vice-président régional, Christophe Bernollin dirige Bernollin et Cie, une entreprise de plâtrerie, peinture et isolation à Saint-Georges-de-Reneins, dans le Beaujolais. Créée en 1924 par son arrière-grand-père, l’entreprise compte huit salariés dont l’épouse et les deux fils jumeaux de Christophe : Karine, Enzo et Matteo.Son activité se partage entre travaux de peinture et pose de placo en grande majorité pour les particuliers, et entretiens divers pour les collectivités, aménagement de bureaux, peinture de bardage, de façades…

Vous êtes président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat depuis 2021. Vous êtes investi depuis longtemps dans la représentation et la défense de la profession ?
J’ai adhéré à BTP Rhône en 2000 et vite intégré le groupe Jeunes, dont je suis devenu membre du bureau. J’ai rejoint ensuite la commission Artisanat et en 2010 j’ai été élu pour la première fois à la chambre de Métiers pour un mandat de six ans.Je suis devenu vice-président le mandat suivant et élu président en 2021. Avant moi, mon père avait été membre du bureau de la chambre du Beaujolais, de la commission Artisanat de BTP Rhône, et il a présidé le conseil d’administration du BTP CFA de Dardilly.

Le BTP est-il fortement représenté à la chambre de Métiers ?
Il y a quatre grandes familles d’artisans à la chambre. Le Bâtiment pour 30-35%, mais aussi tous les métiers de l’alimentation : boulangers, bouchers, charcutiers, pâtissiers… Il y a les métiers de service, les coiffeurs, les mécaniciens, carrossiers, les taxis. Et puis les métiers de la fabrication, des métiers d’art et puis les ferronniers et les horlogers…

À quoi sert la chambre de Métiers ?
C’est une chambre consulaire. L’artisan qui s’installe ou reprend une entreprise artisanale y est ressortissant d’office. Elle joue en quelque sorte le rôle d’une mairie pour entreprise : prendre un apprenti, faire de l’export ou de l’import, suivre une formation… toutes les démarches. Avec sa centaine de permanents entre Lyon et Villefranche, elle est vraiment une boîte à outils qui simplifie la vie des 60 000 entreprises artisanales du Rhône, de leurs débuts jusqu’à la cession.

Et pourquoi est-il important que les artisans de BTP Rhône y soient représentés ?
D’abord parce que BTP Rhône compte de nombreux artisans parmi ses adhérents, et parce que nous sommes un service de l’État, complémentaire des organisations professionnelles comme la CPME – avec laquelle nous avons formé notre liste – ou BTP Rhône. Nous devons rester neutres, nous représentons et offrons des services aux artisans mais nous ne sommes pas dans l’action publique.

Un exemple ?
Sur la ZFE, notre rôle a été de discuter avec la Métropole pour évoquer des aménagements ou des dérogations, pas de manifester. Nous avons aussi beaucoup dialogué avec la ville de Lyon pour trouver des solutions aux problématiques de stationnement des entrepreneurs…

Président de la chambre de Métiers n’est-ce pas trop chronophage pour un chef d’entreprise ?
Je m’organise, et je suis bien aidé par mes collègues élus et les permanents de la chambre dont la Directrice Territoriale et la responsable du service Économique. J’ai accepté de prendre la présidence parce que je pouvais me le permettre avec la présence de ma femme et de mes deux fils dans l’entreprise. Je peux ne pas être au bureau certains matins, mais je sais que les chantiers seront mis en route, approvisionnés, ou livrés.

 

À lire dans l’édition du 21 mai 2026 du Journal du BTP

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