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Thierry Vouillon, médaillé d’argent de la Chambre des Métiers

« Le métier de charpentier, comme celui de couvreur, est un art. Vous donnez forme aux maisons, vous protégez les foyers, vous inscrivez votre travail dans le paysage et dans le temps. Pendant deux ans, vous avez su conjuguer rigueur, curiosité et persévérance. Vous avez aussi appris à travailler en équipe et à vous adapter. Et c’est ainsi qu’on devient artisan, avec un grand A ».
Voilà comment Thierry Vouillon, encore président de la chambre Charpente-Toiture de la fédération BTP Rhône, avait décidé de saluer en fin d’année dernière les six apprentis du Rhône conviés à recevoir une médaille au terme de leurs deux années de formation.  Un moment fort pour les jeunes et leurs familles, et une sorte de profession de foi en l’humain et en son métier, en l’art du geste et en la formation, que porte en lui le patron de l’entreprise Vouillon et Fils dont le siège est à Lancié, en Beaujolais, avec vue sur les vignes.
Une entreprise née en 1934… C’est dire combien la transmission est inscrite dans les gènes.

Président de la chambre pendant les six dernières années, toujours membre du bureau, et proche de la chambre territoriale de son cher Beaujolais, Thierry Vouillon – mais il faut aussi citer son épouse Marie, omniprésente dans l’entreprise – a donc été proposé à plus d’un titre par BTP Rhône pour recevoir cette médaille d’argent de la chambre des Métiers.

Il y a toujours eu des apprentis dans l’entreprise Vouillon et Fils ?
Peut-être pas une recrue chaque année, mais oui, d’une façon générale, il y a toujours au moins un apprenti chez nous. Mais nous avons aussi formé sur le tas des jeunes qui n’avaient pas opté au départ pour nos métiers. Je pense notamment à un compagnon que j’ai embauché parce qu’il aimait le bois et surtout parce qu’il avait envie de travailler. Il faut dix ans de terrain pour devenir un bon charpentier couvreur.

Vous savez ce qu’ils deviennent ? Certains apprentis sont restés dans l’entreprise ?
Il arrive qu’après leur formation des jeunes choisissent d’autres voies. Certains restent un peu avec nous avant de se mettre à leur compte ; d’autres partent chez nos concurrents et amis, c’est le jeu. Et il y a nos compagnons : j’en ai un qui n’a pas pratiqué son métier de charpentier pendant plusieurs d’années en région parisienne et qui est revenu postuler chez nous. Il s’est formé en zinguerie avec nos équipes et il est toujours là. Nous en avons également formé un autre en couverture-zinguerie qui est parti chez un concurrent mais est revenu dix ans après car il avait un bon souvenir de notre entreprise. Notre dernier apprenti est notre fils Jérôme, qui après un CAP de couverture-zinguerie se perfectionne en Mention Zinguerie chez les compagnons du Devoir, à Villefontaine.

Comment se porte l’activité en charpente-couverture-zinguerie et a-t-elle une répercussion sur l’apprentissage ?
Il y a de l’activité dans notre domaine, avec juste une tendance nouvelle sans doute liée au contexte économique : nous avons de plus en plus de décalages de projets et donc de chantiers. Nos clients aussi sont dans l’incertitude et connaissent des difficultés, nous en subissons les conséquences. Cela dit, nous n’avons pas trop d’inquiétude pour 2026. Il faut juste rester vigilant et ne pas s’endormir. Mais pour répondre complétement à votre question, 2025 est la première année où effectivement ce sont les jeunes qui ont eu du mal à trouver une entreprise formatrice. Les années précédentes, c’étaient les entreprises qui avaient du mal à recruter.

Que représente pour vous cette médaille d’argent de la chambre des Métiers ?
C’est un honneur. C’est agréable d’avoir une reconnaissance de ses pairs, de la profession. Je me suis toujours attaché à défendre notre métier – nos métiers – notamment les quinze dernières années avec des responsabilités à la chambre Charpente-Toiture et au bureau de la chambre du Beaujolais. L’engagement et la transmission de nos savoir-faire sont essentiels pour l’avenir de nos métiers.

À lire dans l’édition du 22 janvier 2026 du Journal du BTP

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