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Bertrand Selifida, médaillé de Bronze de la chambre des Métiers

Il va fêter cette année les trente ans de son entreprise éponyme Selifida Carrelages & Chapes fluides, connue de tous à Saint-Martin-en-Haut. Connue et reconnue par ses clients des Monts du Lyonnais pour son savoir-faire technique et humain, son respect de la parole donnée, et la qualité de ses réalisations quels que soient les défis du projet.  A 53 ans, Bertrand Selifida, carreleur comme son père Guy et son frère Sébastien, dirige avec ses deux associés – son épouse Sylvie et depuis l’année dernière Jérôme, l’un de ses collaborateurs en charge de la partie chape liquide – une entité de dix salariés et trois apprentis.
Un beau chemin lancé le 1er octobre 1996, mené seul ou avec un apprenti les dix-douze premières années, avant d’être rejoint par Sébastien en 2009, par Sylvie en 2014, et de grandir doucement au gré des projets et des chantiers de plus en plus ambitieux. En 2019, Selifida Carrelages rachète l’entreprise Navarro et consolide sa position sur les Monts du Lyonnais. En 2022, l’entreprise investit dans une ligne de façonnage qui lui confère l’autonomie nécessaire pour réaliser des nez de marche, des plinthes et des margelles de piscine.
Cette médaille de bronze est donc pour Bertrand l’occasion de se pencher sur toutes ces années, avec l’humilité que chacun lui connait, et sans jamais oublier ceux qui l’ont épaulé. Sylvie, bien sûr, associée dès 2009, ses équipes, les anciens dont certains sont partis ou partent à la retraite, et les plus jeunes qui lui « enseignent », en retour de son accompagnement, les nouvelles tendances et attentes du monde du travail. Sans oublier son papa Guy qui s’est mis à son compte à 50 ans, pour les conseils avisés reçus en héritage.

Quelle a été votre réaction quand vous avez appris que la fédération proposait votre nom pour cette médaille de la chambre des Métiers ?
J’ai aussitôt demandé sur quels critères elle était attribuée. C’est donc le fait de mon engagement professionnel depuis une trentaine d’années, pour défendre le métier de carreleur et le transmettre. J’ai toujours ouvert ma porte aux jeunes, J’ai dû en former une quinzaine depuis 1996, j’estime que nous avons un vrai rôle de formateur à assumer.Cette médaille revient aussi aux équipes qui m’ont accompagné pendant ces trente ans et à mon épouse Sylvie, largement autant investie que moi, sans laquelle l’entreprise ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Vous formez encore aujourd’hui sur les chantiers ?
Je passe encore beaucoup de mon temps sur le terrain, j’ai vu trop d’entreprises grossir et perdre en qualité. Mon père m’a toujours dit : « si tu travailles bien à des prix corrects, tu y arriveras ». Il avait raison. J’ai fait mon petit bonhomme de chemin grâce à ma qualité de travail et je ne veux pas la perdre.C’est difficile à transmettre, d’autant que les générations changent, il faut enseigner le bon geste en faisant abstraction de ce que l’on a pu connaître. Globalement, ce que j’aimerais, c’est que les jeunes viennent apprendre un métier et pas seulement chercher un salaire… Il faut de la passion pour effectuer les journées que nous faisons. En ce moment, nous avons trois apprentis, j’en suis très content, j’espère pouvoir les garder parce que nous avons des anciens qui sont partis ou vont partir à la retraite.

Comment l’entreprise a passé ce cap de 2025, particulièrement difficile pour certains d’entre vous ?
Il a fallu aller chercher le client, le relancer, comme l’ont fait tous nos collègues. Mais 2026 s’annonce meilleure, nous avons déjà signé de belles affaires. Tant mieux. Parce que l’avenir pour nous c’est tout de mêmede garder cette équipe que j’ai mis un certain nombre d’années à installer, en espérant qu’il y ait une reprise économique. Nous avons passé le cap grâce aux chantiers chez les particuliers, environ 70% de notre activité, et puis grâce à la bonne santé de notre trésorerie. Chez nous, on ne dépense pas l’euro qu’on n’a pas gagné. Mais la période est compliquée, il ne faut pas se le cacher.

 

À lire dans l’édition du 15 janvier 2026 du Journal du BTP

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