Des anciens dirigeants bénévoles au service des chefs d’entreprises et artisans

C’est à une belle histoire que nous convie Pierre-Marie Galien, 45 ans, gérant de Galien Toitures (15 salariés), mais aussi vice-président de la chambre de Charpente Toiture, une belle aventure avec l’association EGEE.
EGEE ? Des seniors retraités, anciens professionnels devenus coaches, qui accompagnent bénévolement chefs d’entreprises et artisans – entre autres – dans la prise de décision sur des questions d’ordre financier, administratif, juridique, technique, commercial, comme sur des problématiques de démarche qualité, sécurité, organisation, gestion ou encore recrutement de personnel.
Des sortes de grands frères qui mettent leurs expériences et leur savoir-faire au service des actifs aussi longtemps que nécessaire, et aussi souvent que demandé pour une faible contribution correspondant aux frais de fonctionnement de l’association. 

« Personnellement, j’ai été accompagné pendant plus de dix ans par un cadre dirigeant de Renault Trucks », témoigne Pierre-Marie Galien. « Il avait des compétences très larges, mais en cas de doutes, il interrogeait ses collègues de l’association.Ils apportent une vision extérieure qui permet de prendre un peu de hauteur, un peu de recul, alors que nous sommes souvent dans notre train-train quotidien ».

« Je suis docteur en Droit, donc j’ai pu l’aider sur des problématiques juridiques », répond Guy Bouhélier, le cadre de Renault Trucks en question. « J’ai également un diplôme de comptabilité, et puis une petite formation sur les achats et l’approvisionnement… J’ai pu lui délivrer quelques conseils également sur ces sujets. Pierre-Marie écoute bien, il est intelligent, réagit vite, et c’est un travailleur.Nous nous sommes bien entendus ».

« Diriger n’est pas si simple quand on commence », insiste Pierre-Marie, « les conseillers d’EGEE et notamment Guy et après lui Henri de Jeaghere, m’ont aidé à acquérir de la crédibilité. Leur appui m’a facilité la gestion de mes problématiques ».

« Nous avons fait de belles choses ensemble », se réjouit Guy qui, à 80 ans passés, a quitté l’association, « nous avons tenté des diversifications, désamiantage, photovoltaïque, nous n’avons pas tout réussi, mais nous avons bien travaillé. Si je suis resté aussi longtemps à ses côtés, à le seconder, c’est que j’avais le sentiment de servir à quelque chose ».

« Avoir aidé à faire réussir un chef d’entreprise, soit dans la création, soit dans le suivi, soit dans le rebond, c’est notre « salaire », notre récompense », explique Renaud Gris, actuel délégué général de EGEE Rhône-Alpes. « Notre association, indépendante, existe depuis 44 ans, nous sommes 170 conseillers bénévoles dans la région et environ 1 600 en France, anciens chefs d’entreprise, dirigeants et cadres, tous retraités. EGEE est engagée sur trois axes : l’entreprise, le retour à l’emploi et puis l’éducation ».

En entreprise, les missions peuvent durer un mois ou un an, selon l’ampleur des problématiques rencontrées. Voire dix ans comme dans l’épopée de Pierre-Marie Galien. EGEE est surtout demandée dans le cadre de créations d’entreprises, alors que le gérant – quelque soit son âge – manque encore d’expérience. Et ensuite le panel des aides délivrées est quasiment sans limite, puisque les conseillers sont issus de tous les corps de métier, avec souvent pour bagage quarante années de gestion d’entreprises de toutes tailles.

« Quand une entreprise compte six-sept salariés, c’est le gérant qui fait tout », souligne Renaud Gris. « Il est souvent seul à décider, il a donc besoin de nous, jusqu’à l’aide au recrutement. Notre force, je le répète, outre le très faible coût de nos interventions, c’est notre expérience, et notre bienveillance. On ne juge pas. On ne donne pas d’ordre. On écoute, on rassure, on conforte parfois. Notre regard est à la fois confraternel et professionnel ».

Alors ? Un conseiller EGEE pour vous épauler, un « ancien » voire plusieurs, complémentaires avec l’ensemble des services de la fédération ? Qui veut faire comme Pierre-Marie ? Il ne s’en plaint pas, loin de là.

À lire dans l’édition du 19 mars 2026 du Journal du BTP

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