REP Bâtiment : pour les professionnels du recyclage, il est urgent que ça bouge, en s’inspirant de ce qui fonctionne sur le terrain

Ils n’en peuvent plus, et ils tiennent à le dire. A le redire plutôt, puisque cela fait des mois que les professionnels du recyclage subissent le patinage – c’est une litote – de la REP Bâtiment, et alertent qui veut bien les entendre.


Des mois à constater que tout ce qui marchait si bien dans le Rhône avant la REP – une filière de recyclage exemplaire et en avance sur le territoire national – a été malheureusement détricoté pour accoucher d’un maelstrom où s’engloutissent investissements, écocontributions, espoirs de développement durable. Bref, tout l’inverse de ce pourquoi la REP Bâtiment avait été créée dans le cadre de la loi Antigaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC).

Alors Stéphane Eyraud et son nouveau bureau (1) de la chambre de Recyclage de BTP Rhône revient à la charge, avec cette énergie du désespoir de voir une filière vertueuse se transformer en bourbier sans nom.

« Il faut qu’on avance et c’est urgent », tempête t-il, « on nous a fait tout changer, on s’est adapté, les entreprises de recyclage ont investi, parce qu’on nous l’a demandé. Et puis rien ne fonctionne. Attention, je sais que des collègues ont déjà quitté la REP, tant c’est problématique. Alors oui, le ministère de la Transition Écologique vient d’annoncer la nouvelle orientation pour l’élaboration de la future REP, mais pour une application concrète à quelle échéance ? Comment avoir un message clair vis-à-vis de nos clients avec tous ces stop and go et des soutiens qui varient sans cesse ? »

« Nous ne pouvons plus prendre en charge les matériaux des déconstructeurs », renchérit David Hernandez, « ils ont été sortis du jeu par les éco organismes. Restent les industriels et les vendeurs de matériaux. Nous avons des problèmes de règlements avec les éco organismes et également trop de délai pour faire partir les matières. Cela conduit à sur-stocker pour eux et avoir du coup des problèmes de dépassement des stocks sur nos sites… Potentiellement, cela crée aussi des non-conformités avec la DREAL. » Ambiance.

Inutile d’en rajouter dans les exemples. Les professionnels du recyclage, qui avaient tous accepté non sans mal d’intégrer la REP Bâtiment, se retrouvent en difficulté par la faute d’un projet mal ficelé, mal évalué, mal « embouché ».

« Nous sommes volontaires à devenir un département « test » pour reprendre cette REP Bâtiment », se lance Stéphane Eyraud. « Il faut tout revoir, mais ici au moins nous avons le savoir-faire, les années de traitement vertueux des déchets, et un chemin vers le développement durable qui fonctionnait. Nous pouvons aider. C’est indispensable, surtout si l’État souhaite une filière industrielle du recyclage exemplaire. Nous sommes prêts à participer à tout ce qu’il faudra. » A bon entendeur !

Sont en jeu, pour mémoire, une quarantaine de millions de tonnes de déchets par an, dont une trentaine de millions de tonnes de déchets inertes (béton, briques, céramique…).

  • Stéphane Eyraud (Revaly) a été réélu président de la chambre de Recyclage de BTP Rhône le 5 décembre dernier ; Vice-président : Thierry de Gasperis (Rhône Environnement) ; Trésorier, Lionel Rigaud (Mat Eco Recyclage) ; Secrétaire : David Hernandez (DBS).

À lire dans l’édition du 5 mars 2026 du Journal du BTP

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