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Voirie urbaine : la profession semble sereine jusqu’à la fin septembre

Au sein de la fédération BTP Rhône-Métropole, 26 chambres syndicales réparties sur cinq sections, et 4 chambres territoriales, œuvrent au plus près des adhérents. La newsletter Info BTP a choisi de diriger pendant l’été le projecteur sur chacune de ces chambres. Patrick Perez, directeur commercial chez Eurovia pour le Rhône, ouvre le bal.

Quel est le champ de compétences de la Voirie urbaine ?
Tous les travaux d’aménagement de surface, de pavage, d’enrobés, de terrassement, d’assainissement donc de voirie et réseaux divers.

Quels sont vos donneurs d’ordre ?
Ce sont avant tout les collectivités locales, la Métropole, les Mairies, le Département, la Région, et les industriels ou promoteurs.

Vous êtes donc des entreprises de Travaux Publics…
Nous dépendons de la section Travaux Publics de la fédération BTP Rhône et Métropole, qui comporte huit chambres syndicales professionnelles dont la nôtre et qui compte une quarantaine d’adhérents.

Ainsi comme toutes les entreprises de Travaux Publics vous avez connu la « double peine », les élections et le confinement ?
Exactement. Comme à chaque période électorale, rien n’est lancé pendant les quelques mois de campagne, et ensuite tout dépend si les collectivités changent d’équipe ou non (en attentant la mise en place des nouveaux exécutifs). S’il n’y a pas de changement, les dossiers repartent assez vite, en revanche en cas de changement c’est plus long. Exemple avec la Métropole aujourd’hui. Nous risquons de perdre plusieurs mois avant que les dossiers ne soient mis en appels d’offre. Aujourd’hui déjà nous ressentons une baisse très sensible de ces appels d’offre (- 38% par rapport à 2019 à la même période).

Il n’y a toujours pas de lissage de la commande publique ?
C’est une de nos demandes récurrentes, et nous la formulons grâce notamment à l’observatoire de la commande publique mis en place par BTP Rhône. Cependant suite à notre souhait, la Métropole a mis en place un comité de suivi depuis quelques semaines. Il s’agit de faire un point régulièrement sur les différents projets et les éventuels points de blocage. Le nouveau président de la Métropole s’est engagé à le maintenir et a déclaré que tous les dossiers validés techniquement et arrêtés par les élus de la mandature précédente ne seront pas remis en cause.
Il nous faudrait rapidement faire le point sur les différents dossiers. Nous rencontrons prochainement, avec la chambre « Industrie Routière », Fabien Bagnon, le nouveau vice-président en charge de la Voirie pour faire le point avec lui sur le plan pluriannuel d’investissement.

Comment vos adhérents ont vécu la période de confinement ?
Les chantiers ont pratiquement tous été arrêtés dès la semaine du 16 mars. Sauf ceux pour lesquels il y avait des astreintes, mais ils sont peu nombreux pour la Voirie urbaine. Tout le monde a été arrêté environ un mois. Ensuite on a commencé à reprendre progressivement du 16 avril jusqu’à début juin, où nous pouvons dire que toutes les entreprises étaient au travail.

Vos adhérents ont-ils beaucoup fait appel au Prêt Garanti par l’État ?
Oui. Les services de BTP Rhône qu’on doit remercier pour leur disponibilité nous ont donné des informations quotidiennes sur les nombreux dispositifs mis en place par l’État ou les collectivités, cela a permis à nos adhérents de réagir au mieux de leurs intérêts.

Ont-ils connu beaucoup de litiges sur les surcoûts ?
Les privés ne veulent pas entendre parler de surcoûts, c’est difficile de négocier avec eux. En revanche, il y a eu une démarche pédagogique de la section TP bien sûr mais de la fédération plus généralement auprès des services de la Métropole. Il s’agissait d’expliquer les raisons des surcoûts liés aux reprises de chantier. La métropole comme d’autres collectivités ont accepté de prendre en charge une partie des surcoûts, comprenant ainsi les difficultés rencontrées par les entreprises lors de la reprise des chantiers. Nous avons évalué à 10% d’augmentation les charges supplémentaires et avons obtenu une prise en charge de la moitié de la part de la collectivité.

Comment percevez-vous cette reprise ?
Suite au sondage effectué auprès de nos adhérents qui a connu un taux de réponse de plus de 70%, la profession semble sereine jusqu’à la fin de mois de septembre. Les carnets de commande sont pleins. Ils l’étaient avant le confinement, les chantiers sont juste décalés… Ensuite, sur les trois mois de fin d’année, le sondage montre que cela va de 50% d’occupation des équipes à 90% selon les entreprises. Je parle ici de la chambre de Voierie Urbaine. Chaque cas est particulier, nous pouvons cependant évaluer, une baisse de chiffre d’affaire sur l’année comprise en 10 et 20%.

Vous allez donc prendre votre bâton de pèlerin pour aller convaincre les communes et les collectivités ?
En fait la chambre Voierie urbaine s’occupe avant tout de la Métropole puisque c’est elle qui détient les compétences en la matière. Ce sont les chambres territoriales qui vont discuter avec les communautés de communes ou les communes de leur secteur. Il se peut par exemple qu’un maire nouvellement élu n’approuve pas un aménagement de voirie décidé avec la Métropole sous l’ancienne mandature. Cette remise en cause entrainerait à nouveau des études et donc une perte de temps pour la réalisation.

Quelle est la tendance du côté des donneurs d’ordre privés ?
Pour le privé, ce qui était lancé se poursuit. En revanche sur certains projets le covid et ses effets a ralenti la décision finale ou simplement décalé sa mise en œuvre.

Published in TP

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