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Ce dont tout le monde a peur, en tertiaire industrie, c’est le télétravail, Jean-Marc Bouyssonie

Au sein de la fédération BTP Rhône et Métropole, vingt-six chambres syndicales réparties sur cinq sections, et quatre chambres territoriales, œuvrent au plus près des adhérents. Nous avons choisi de diriger le projecteur sur chacune de ces chambres en posant sensiblement les mêmes questions à chacun des présidents. Jean-Marc Bouyssonie, gérant d’Escrimes, entreprise d’une dizaine de personnes spécialisée dans les moyens de sûreté et sécurité électroniques basée à Vénissieux, est le président de la chambre « Réseaux Electricité Communication Informatique » de la section Équipement technique.

 

Quel est le champ de compétences de la chambre « Réseaux Electricité Communication Informatique» ?

Ce sont les nouvelles technologies de communication. Nous sommes un peu les généralistes des fluides secs dans un bâtiment. La domotique, l’immotique, tout ce qui est bâtiment intelligent. Une alarme qui coupe la machine à café, descend les volets, ferme la cave, le portail, tous ces équipements techniques, numériques, qu’on installe dans le bâtiment… Nous sommes l’ancienne chambre des électriciens. Le nom a changé il y a deux ans, l’idée était de faire rentrer les métiers de l’informatique, du réseau, de la fibre optique, de la vidéo-surveillance, du contrôle d’accès, de l’IP… toutes ces nouvelles technologies qui utilisent le courant faible dans un bâtiment. Nous sommes une chambre de 80 adhérents, avec des entreprises de 50 personnes en moyenne.

Vos donneurs d’ordre sont des promoteurs ?

Public, privé, promoteurs… Surtout du tertiaire industrie.

Comment avez-vous vécu la période de confinement ?

Nous avons maintenu tout ce qui était « service ». Maintenance et dépannage, urgents et indispensables. Pour le reste, comme tout le monde, les chantiers ont été arrêtés, en neuf et rénovation.

Combien de mois de perte d’exploitation ont subi vos adhérents ?

Plutôt trois mois pour nous, le temps que ça redémarre, nous avons pris du retard.

Comment s’est passée la répartition des surcoûts ?

Pour le moment les surcoûts sont pour les entreprises. Ce que nous essayons de faire, petit à petit, c’est de mettre une plus-value pour Covid. C’est parfois difficile à vendre, mais avec un peu de pédagogie, nos clients comprennent.

Comment voyez-vous l’avenir maintenant, dans quel état sont vos carnets de commandes ?

Pour le moment les commandes vont bien. Je suis plutôt optimiste. Vous savez, les négatifs trouvent des excuses, les positifs trouvent des solutions. Nous par exemple, si on ne fait pas d’éclairage, on aura les économies d’énergie, la domotisation des bâtiments… Aujourd’hui, quand vous rentrez dans un bâtiment vous n’avez plus de clé, vous avez des badges, de la vidéo pour savoir qui est rentré, de la détection d’incendie, de l’éclairage basse tension, du réseau…

Mais il faut tout de même que l’on vous donne du travail ?

Oui, mais il s’agit de technologie dont les gens ne peuvent pas se passer. Si les gens sont confinés, s’ils font du télétravail, il leur faudra du réseau, il faudra surveiller les bâtiments parce qu’il n’y aura personne dedans, il faudra toujours intervenir sur des dégâts techniques, et tout cela est géré par le numérique. Nous n’avons pas trop à nous plaindre, nous avons du travail au moins jusqu’à janvier.

Est-ce que les collectivités publiques et territoriales ont volé à votre secours, les appels d’offres sont repartis ?

Non, ça traîne encore un peu les pieds…

Connaissez-vous une tension sur les prix dans votre chambre ?

Apparemment c’est mitigé. Il y a des gens qui vendent correctement, d’autres ont plus de difficultés. En revanche, ce qui est certain, c’est que les opérations sont un peu sabrées… On coupe un peu dans le budget.

Les promoteurs connaissent quelques difficultés à monter de nouveaux projets. Cela va impacter votre chambre ?

Oui. A l’horizon d’un an, on risque de constater un impact. Ce dont tout le monde a peur maintenant, en tertiaire industrie, c’est le télétravail. Le télétravail, c’est moins de surfaces, moins de présentiel. Je pense que la Covid va laisser des traces sur la philosophie et l’organisation du travail. Regardez l’évolution, ne serait-ce que les conf-call en visio, nous avons fait en deux mois le travail de pédagogie de plusieurs années. Avant la Covid, un sur dix savait faire, maintenant tout le monde est au point.

En tant que président de chambre, vous en avez fait beaucoup des visios ?

Oui. Nous avons beaucoup défendu nos adhérents via BTP Rhône, un énorme travail notamment en début de confinement.

©Photo de de Jean-Marc Bouyssonie par Christophe Pouget.

Une interview à retrouver dans le JBTP du 17décembre 2020. 

 

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